La coédition : une nouvelle typologie pour le design d’Edition ? (4 posts)

Topic tags: coédition, design d'édition, designers, éditeur
  • Profile picture of Nicolas Marquis Nicolas Marquis said 7 months, 1 week ago:

    Bonjour à tous,

    Depuis quelques mois maintenant de nouveaux éditeurs arrivent sur le marché du design d’édition, en se basant sur le concept de la coédition à l’image de My Major Company dans l’industrie du disque.

    Le principe :
    Des designers propose leurs créations à ces éditeurs d’un nouveau genre, mais ce sont les internautes qui investissent dans les créations auxquels ils croient le plus. Un bon moyen d’avoir un retour marché sur des créations (limité tout de même à la taille de la communauté de ces plateformes).

    Je souhaitais donc lancer une petite discussion sur ce nouveau modèle économique de l’Edition en design qui permet, pour le moment, une alternative aux éditeurs historiques souvent inaccessibles sans un grand nom.

    Voilà, pour le moment quelques sites dans cette nouvelle tendance :

    L’Edito (http://www.ledito.com) qui édite et fabrique sur mesure ces mobiliers en bois multiplis. Les internautes investissent dans les projets proposés, un fois le projet financé il est prototype puis mis en vente sur leur boutique en ligne (déjà bien garnie).

    Designer Prod (http://www.designerprod.com) qui produit des « objets design » a priori avec des techniques plutôt variées, avec des prestataires divers. Il y a aussi le principe de l’investissement par l’internaute, mais seulement après pré-sélection par vote et étude technique. Pas encore de produits dans la boutique, le site semble assez récent.

    Light By U (http://www.lightbyu.com/) propose des lampes à led sans fil, avec la technique du rotomoulage. Pour reprendre leurs mots : les designers créent, les membres votent, et les lampes sont vendues en exclus avec réductions. Déjà quelques produits en ventes dans la boutique.

    L’introduction à la discussion est faite, vos avis et retours sont les bienvenus.

    Pour ma part, notre agence est déjà en contact avec L’Edito pour une table basse coéditée par les internautes, qui sera prochainement en vente sur leur boutique. Nous n’avons pas de retour marché pour le moment mais leur concept de coédition est bien accueilli par les internautes, de nombreux produits sont entrés en boutique…

    A suivre

  • Profile picture of Thibaut Deveraux Thibaut Deveraux said 7 months, 1 week ago:

    Le tout dans ces approches est de poser la frontière entre le perverted crowdsourcing et un modèle où tout le monde s’y retrouve.

    Les plateformes d’édition collaborative sont un modèle rentable à double titre :

    1/ Elle disposent gratuitement d’un grand nombre de propositions de designers, venus « jouer » au jeu de la fortune chez elles. Dans la pratique, seule une faible part de ces designers y trouvera un retour sur investissement.

    2/ Elle disposent d’un important fond de roulement grâce à l’argent apporté par les internautes. Venus, eux aussi, jouer au jeu de la fortune.

    Certes, le modèle où tout le monde à sa chance et où le public choisit est alléchant. Le tout c’est d’éviter de faire de ces plateformes des miroirs aux alouettes très rentables, avec très peu d’activité d’édition au final.

    Il existe d’autres modèles qui sont très intéressants et soulèvent à mon sens moins de problèmes d’éthique.

    I / Les plateforme d’aide à l’édition

    Par exemple :
    - http://fr.go2prod.com/
    - http://www.wisionary.com

    Ces plateformes proposent d’aider les designers à se faire éditer et prennent une part sur les projets commercialisés. Le designer n’est pas incité à créer spécifiquement pour cette plateforme, ne cède aucun droit et n’accorde aucune exclusivité tant que le produit n’est pas édité.

    II / Pré-vente et crowdfunding.

    Par exemple :
    - http://fr.ulule.com/
    - http://www.kickstarter.com/
    - http://www.kisskissbankbank.com/
    - http://www.mutuzz.com/

    Ces plateformes, des plus en plus courantes, vous proposent de récolter des fonds pour vos projets via la participation des internautes. Elles ne demande aucune cession des droits ni exclusivité, vous êtes simplement tenu de respecter vos engagements auprès des internautes qui ont apporté des fonds.

    Dans la pratique, si vous faites de la prévente il serait préférable d’éviter de commercialiser votre produit par ailleurs avant que la période de prévente soit écoulée, les internautes risquant de ne pas apprécier de voir que le produit est sortit et qu’ils ne l’ont toujours pas reçu.

    Pour les plateformes de crowdfunding comme Kickstarter, on peut se demander ce qui motive les internautes pour financer un projet, parfois en échange d’un pins ou d’une affiche, mais visiblement, ça marche pour un certain nombre de projets.

    La différence avec les plateformes citées plus haut étant que vous restez totalement propriétaire de votre produit à l’issue du financement. En échange vous assumez vous même la gestion de la production, de l’expédition et de la commercialisation par la suite. De ce fait, ces plateformes peuvent aussi constituer un bon tremplin pour monter une entreprise.

  • Profile picture of Nicolas Marquis Nicolas Marquis said 7 months ago:

    Salut Thibaut,

    Merci pour ta contribution à ce sujet. Je suis d’accord avec toi sur les limites pour ne pas dériver vers du crowdsourcing à la « **logo ».

    La différence avec l’édition c’est que ce n’est pas le client lambda qui va commander un logo avec XX propositions pour un prix ridicule. On reste dans le modèle du design d’édition, tel que pour les maisons d’édition actuelles où dans un certains sens les designers qui proposent des produits, les proposent aussi gratuitement et jouent à la roulette pour espérer être sélectionnés (très peu de produits édités).

    Je ne connais pas tellement en détail les retours sur investissement des produits édités chez les grands éditeurs, mais ce ne sont pas les modèles économiques les plus rentables du point de vue des designers (quantités réduites, temps investi à la base, peu d’élus…).

    Les systèmes de pré-ventes sont très intéressants si les designers disposent des fournisseurs industriels et du réseau de commercialisation par la suite… mais c’est une autre aventure car monter une marque et se faire connaitre est un très gros boulot.

    Un avantage des plateformes de coédition est que ce sont elles qui s’occupent de tout cet aspect là (marketing, communication, gestion commande, etc). Certes tu cède le droit d’exploitation (moyennant royalties) mais tu n’as pas à gérer tous les points cités plus haut et tu bénéficie de la notoriété (future) de l’entreprise.

  • Profile picture of Thibaut Deveraux Thibaut Deveraux said 7 months ago:

    Une maison d’édition est utile me serait utile pour écouler les créations que je n’ai pas pu pu m’empêcher de dessiner, des projets commerciaux abandonnés ou les projets étudiants. Je ne suis pas certain après que l’approche 100% édition soit la bonne. Concernant par exemple l’édito, ce que je regrette c’est qu’il faille créer sur mesure pour eux. Il n’est donc pas question d’écouler des idées mais bien de créer pour eux, avec leurs contraintes et le rendu assez particulier qui en résulte. Au final on ne peut pas aller voir un autre éditeur avec la création. Si toutes les marques faisaient ainsi il faudrait 100 fois plus de boulot pour créer un design. Un édito ça va, c’est fun, trop et ce sera le bordel dans la profession.

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